Prévoyance 2020 : c’est oui

Nous publions ici la réaction d’un camarade, qui explique ses raisons tactiques de voter OUI le 24 septembre. L’argumentaire du Parti socialiste sur le contenu de cette votation fédérale peut être lu sous le lien ci-après:                                                                                                                             2x OUI à la Prévoyance vieillesse 2020 | PS Suisse |

Y a-t-il un rapport entre le refus de l’UDC-PRD et celui de la gauche de la gauche ? Le refus de l’UDC en particulier, qui lâche son aile paysanne ne disposant que du 1er pilier amélioré, est motivé par sa politique ultralibérale, faite de baisse d’impôts et de destruction des services publics, favorable à l’industrie financière qui accroît la richesse d’une minorité qui ne veut plus partager. La classe moyenne voit son niveau de vie baisser, les plus démunis s’appauvrissant encore davantage. Mais l’UDC et le PRD ont la majorité au plan fédéral.

La gauche de la gauche est scandalisée par les conséquences de cette politique ultralibérale qui veut faire travailler les femmes, qui ne sont pas toutes avocates, médecins ou enseignantes, jusqu’à 65 ans. Elle est scandalisée par la baisse des rendements des capitaux qui a amené la baisse du taux de conversion dans le 2ème pilier, baisse due grandement à la spéculation et à la recherche de profits financiers excessifs. Comment lui donner tort ?

Pour refuser P 2020, il faut cependant être en mesure de faire passer son projet « le coup d’après ». Celles et ceux qui crient à la trahison de la gauche n’ont pas en tête les rapports de force. La gauche des Chambres fédérales n’est pas en mesure aujourd’hui de faire passer plus de justice sociale et une amélioration des retraites. Une bonne partie du peuple élit contre ses intérêts. Il faut donc craindre que si P 2020, résultat d’une alliance de centre gauche, n’est pas accepté, la majorité UDC-PRD sera en mesure la prochaine fois de passer ses idées de retraite à 67 ans pour tous et son projet d’affaiblissement de l’AVS (dont la solidarité est contraire à ses principes ultralibéraux) au profit du 2ème pilier plus juteux pour l’industrie financière.

Prévoyance 2020 maintient grossomodo le niveau des rentes actuel, par quelques touches sur le 1er et le 2ème pilier, pas toutes agréables il est vrai. Mais celles et ceux qui mettent la barre trop haut se trompent de stratégie et d’adversaires.

Jacques Riat, Delémont